En 1830, le gouvernement du Québec mit en place un système pour mettre fin à la clandestinité entourant les transactions immobilières, éviter les fraudes et favoriser le crédit. Ce système a obligé les parties contractantes à enregistrer leurs transactions, les rendant alors publiques.
 Grâce à cet enregistrement, chacun peut alors faire connaître par tous ses droits sur un immeuble, protéger ces mêmes droits, exercer librement ses mêmes droits sur un immeuble. Le système de la publicité foncière ne crée ni ne confère aucun droit. Le fait d’inscrire une transaction dans un registre de l’état ne donne pas un droit sur l’objet de cette transaction. Les droits naissent à la signature d’une convention ou d’un contrat entre deux parties. Toutefois, l’inscription d’une transaction ou d’un contrat dans le registre foncier du Québec a pour effet de rendre public les droits -vente, hypothèque, servitude, bail commercial ou autres que détient une personne physique ou morale sur un immeuble, d’où le terme «publicité foncière». Par la suite, nul ne peut prétendre ignorer l’existence des droits acquis par ce contrat : les droits qui y sont inscrits sont opposables à toute personne. Certains droits personnels peuvent aussi être publiés au registre foncier tel les déclarations de résidence familiale.
 Toute l’infrastructure de la publicité foncière repose sur le système cadastral. Établi entre 1886 et 1896, le système cadastral regroupait à l’origine 1450 plans représentant graphiquement la plupart des propriétés foncières de l’époque. Avec le temps, plusieurs anomalies d’immatriculation sont survenues sur les 700 000 lots originaires. Les morcellements subséquents, quand ils ont été immatriculés, se retrouvaient sur 350 000 plans parcellaires qui n'ont jamais fait l'objet d'un plan d'ensemble. Par ailleurs, environ 850 000 immeubles ne portaient pas de numéro spécifique, notamment parce que certains propriétaires avaient morcelé leurs propriétés sans faire les démarches requises pour les immatriculer. Ainsi, le cadastre ne jouait plus son rôle qui est de représenter, dans un registre public, chacune des propriétés foncières et les droits qui s'y rapportent. À l'aube du 21e siècle, cette situation devint un casse-tête pour tous propriétaires qui désiraient construire et rénover un immeuble, vendre leur propriété ou effectuer différentes transactions immobilières. En 1992, le gouvernement du Québec a donc décidé d'entreprendre des travaux de réforme cadastrale pour reconstituer une image fidèle du morcellement foncier du territoire et pour doter le Québec d'un nouveau cadastre complet, fiable, informatisé et constamment tenu à jour.
 Depuis 1992, date du début de la réforme cadastrale, le Québec a été divisé en «lots», soit environ 4, 000,000 de lots. Chaque lot a un numéro attribué par le «cadastre», qui est un registre public tenu par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. La somme des fiches qui consignent toutes les transactions relatives à un lot constitue «L’index des immeubles».
 Lorsqu’il y a contrat ou autre activité pertinente concernant un lot, un professionnel du droit dépose le contrat ou le document pertinent pour qu’il soit inscrit à l’index des immeubles. On inscrit alors sur la fiche du lot concerné les éléments suivants : le nom des parties à la transaction (acheteur, vendeur, créancier etc.), le numéro d’inscription du contrat (date et numéro d’enregistrement), la nature de la transaction (vente, hypothèque, servitude etc.), le montant de la transaction s’il y a lieu. En se référant au numéro d’inscription du contrat (ne pas confondre avec le numéro du lot), toute personne qui le désire peut consulter ledit document rendu public par son inscription au registre foncier du Québec.

 On peut accéder au registre foncier via www.registrefoncier.gouv.qc.ca